Comment aider votre enfant qui a peur du noir ?

A un certain âge, nos enfants peuvent avoir peur des pièces obscures, ou du moment où l’on éteint les lumières. Cette peur se manifeste le plus souvent quand on sort la nuit ou quand on va se coucher. Existe-t-il des solutions pour accompagner l’enfant dans ces moments ? Eléments de réponse.

Que faire face à un enfant qui manifeste une peur panique face au noir, notamment au moment du coucher ? Cet enfant peut faire des crises, qui ressemblent à de l’angoisse, il pleure beaucoup, nous réclame. En amont, il nous a fait la demande d’installer des veilleuses dans la pièce pour ne plus dormir dans cet espace noir, et pleure si on veut les éteindre ? Crises de panique auxquelles s’ajoutent un endormissement contrarié et des nuits agitées. Bref, pas une partie de plaisir pour le petit ou la petite en question.

Comment aider l’enfant à lutter contre son aversion pour l’obscurité ? Comment l’accompagner pour que, progressivement, il puisse prendre le dessus face à cette angoisse, au point de la surmonter ? Et réussir à lui faire passer ce cap ?

Comment faire pour aider votre enfant qui a peur du noir ? 

Est-ce une vraie peur du noir ?

Déjà, il faut déterminer si cette peur en est vraiment une, en tout cas une peur du noir. A-t-il vraiment une frayeur à l’idée de se retrouver dans un endroit sans lumière distincte ou est-ce plus “profond” que cela ? Il ne s’agit sans doute pas que d’une peur du noir.

Vous pouvez mettre une veilleuse dans la chambre de votre enfant et laisser la lumière du couloir allumée toute la nuit. Si votre enfant s’endort plus paisiblement, l’obscurité était la cause de sa peur. Si les veilleuses, la lumière ne changent rien dans ce cas, il est important de trouver la cause de cette peur. Ainsi vous pourrez répondre à son besoin de sécurité et il trouvera le sommeil plus sereinement. 

Dans le cas où l’enfant aurait vraiment peur du noir (et seulement de ça), on peut tenter quelques “exercices” pour surmonter la situation. Ce sont des temps ludiques qui vont lui permettre de prendre confiance face au noir. De voir qu’il est plus fort que sa peur, qu’il peut prendre du plaisir à être dans une pièce sans lumière.

Des jeux pour désamorcer la situation

 

On l’emmène dans une pièce de la maison (cela peut être la maison d’un proche qu’il connaît bien également, chez les grands-parents par exemple, un lieu où il se sent en sécurité aussi). Un couloir, une chambre, un garage, ou autre.

En pleine journée ou dans la lumière, on évolue avec l’enfant dans cette pièce. On lui montre quels sont les meubles qui s’y trouvent, les décorations. Qu’il y a une porte là, un interrupteur sur ce mur-ci, etc. On lui demande de bien regarder où sont les choses, tout en restant avec lui, tout près, on peut même le prendre par la main s’il le souhaite. Cette étape lui permet de prendre ses marques.

Puis, on place progressivement la pièce dans l’obscurité (on ferme les rideaux, les volets, on voile les sources extérieures ou intérieure de lumière). Et avec lui, on crée une atmosphère de jeu. On part à la rencontre des meubles et des objets, on va redécouvrir les sensations d’être dans la pièce, même dans le noir. On lui fait toucher les murs, pour qu’il sente sous sa main. Les meubles, pour qu’il voit qu’ils n’ont pas bougé, qu’ils sont toujours là. Il est aussi possible de l’accompagner près d’un tapis ou d’un paillasson au sol, pour qu’il le touche.

Après l’avoir un peu guidé, on le laisse évoluer seul.

En faisant cela, on lui apprend que la vie reste la même, y compris quand c’est l’obscurité et qu’il garde toujours le pouvoir sur les choses qui se passent dans la pièce. Il faut le prendre comme un jeu. Et tout ce temps où vous restez avec lui dans cet espace sans lumière va sûrement le rendre plus fort, l’aider à évoluer dans cette pièce.

Ce type d’expériences, assez faciles à mettre en place, doivent permettre à l’enfant de retrouver de la confiance dans une situation où il n’en ressentait pas ou plus et de régler un problème ponctuel.

 

Des émotions plus profondes ?

Mais probablement, s’agit-il d’autre chose. Peut-être que derrière cette peur du noir se cache d’autres émotions ou d’autres explications.

La peur de se retrouver dans le noir parce qu’on ne sait pas ce qu’il y a ou qui il y a dans le noir. Il faut se rappeler qu’enfants comme adultes, nous ne sommes pas égaux face à l’inconnu. L’angoisse de se retrouver avec un monstre dans sa chambre à la nuit tombée par exemple… L’angoisse de trouver quelqu’un qui ne soit pas une tête connue et donc est potentiellement dangereux..

Peut-être aussi que ce problème est lié à des émotions plus profondes que l’enfant vit actuellement ou même des émotions plus enfouies, et qui ressurgissent au moment de s’endormir. On a peur de s’endormir parce qu’on est submergé par cette émotion qu’on ne comprend pas toujours et qu’enfant, on n’a pas toujours les mots pour exprimer.

Il est possible que ce soient des émotions qui ne sont pas réglées ou digérées, des sentiments refoulés, des choses dont l’enfant n’a pas suffisamment parlé ou dont ses parents n’ont pas suffisamment parler.  Les crises de nerf ou de larmes à l’endormissement sont le sommet de l’iceberg. En-dessous, sont enfouies, bloquées, refoulées, tout un tas d’émotions. A nous parents, d’essayer de trouver des solutions pour décrypter ce qui peut se cacher à l’intérieur de cet iceberg.

Mon premier enfant, Lucas, à la naissance de son petit frère ne voulait plus aller se coucher. Il mettait très longtemps à s’endormir et pleurait beaucoup. Sans compter les réveils nocturnes. Mon mari et moi étions épuisés. Les veilleuses ne changeaient rien. Nous avons modifié le rituel du sommeil et pris le temps de comprendre et d’écouter Lucas avec ses mots à lui. Il avait alors 3 ans. En quelques semaines, ses nuits et le moment de l’endormissement étaient sereins et paisibles. 

Identifier la source

Attention, personne n’est à blâmer dans l’histoire. Il faut simplement essayer d’identifier au mieux la source du problème qui pourrait se poser pour trouver les solutions adéquates pour le résoudre ou commencer à prendre une meilleure voie. Autrement dit, trouver les émotions bloquées chez l’enfant.

Car souvent, on a tendance à trouver des réponses immédiates à la peur du noir alors qu’il s’agit d’une autre peur. Et la réponse apportée, qui montre toutefois à l’enfant que vous vous souciez de son problème, n’est pas la bonne.

Dans le cas d’un trauma qui le tracasse mais qui peut passer pour des troubles d’endormissement dans l’obscurité. Si la réponse apportée est de laisser la porte de la chambre ouverte car il y a de la lumière dans le couloir ou ajouter des veilleuse dans la chambre de l’enfant, cela ne règlera pas la situation. Car dans ce cas, la peur du noir ne vient pas uniquement de l’obscurité. 

Emotions, traumas, secrets : à surveiller

Mais de quoi d’autre alors ? Réfléchissez déjà à votre situation, à la situation familiale, à la situation de l’enfant ? Tout cela résulte peut-être d’un trauma avec lequel l’enfant est un conflit intérieur. Une séparation de ses parents par exemple, un lourd secret de famille dont il n’est pas forcément au courant mais qui pèse sur la maison. Quelqu’un de proche qui est très malade, un deuil que la famille est en train de vivre, un événement tragique.

Dans le cas d’un deuil, la sémantique peut faire des ravages… Car si on a expliqué à l’enfant que la personne décédée (peut-être une personne âgée dont il était très proche) s’est “endormie pour toujours”, c’est sans doute pour montrer à l’enfant que la mort n’est pas forcément douloureuse, que la personne n’a pas eu mal et qu’elle n’a pas mal là où elle est “partie”. Mais “endormie pour toujours”, “partir dans un autre endroit qu’on ne connaît pas” peuvent déclencher des idées chez l’enfant.

Avant son sommeil (le temps où il est censé, une fois seul dans son lit, se laisser aller, se détendre, se reposer), il craint de s’endormir.

Et même pendant qu’il dort, il est “tracassé”, si on peut employer ce terme. Il peut très bien se réveiller peu de temps avant l’endormissement ou peut-être en pleine nuit, sujets à des crises, ou même des demandes de câlins ou autre.

Il faut savoir que notre sommeil est décomposé en plusieurs phases. Dans certaines d’entre elles, notre inconscient prend plus le dessus et peut nous envoyer messages et émotions. Et que votre enfant les gère comme il peut. Exactement comme nous adulte le faisons pendant notre sommeil. Quand il se réveille seul, dans le noir, face à cette émotion, sans votre aide, il peut être submergé. Il peut facilement paniquer ou choisir de vous appeler pour que vous répondiez à son angoisse du moment.

Un cercle vicieux ?

 

Progressivement, cela peut entraîner une forme de cercle vicieux : il a une peur de s’endormir seul dans le noir. Il appréhende de plus en plus le moment du coucher. Il n’arrive pas à surmonter cela, et plus il appréhende, plus ça devient difficile, sujet de crises, etc.

En se penchant sur le contexte familial qu’il vit, sur les traumas passés, sur les émotions qui sont enfouies, il faut déterminer ce qui empêche votre enfant de s’endormir correctement. Peut-être est-ce, comme nous le disions, un événement ponctuel difficile à vivre et à affronter ? Peut-être est-ce une grande tristesse ? Une grande colère face à une situation actuelle qu’on lui a mal expliquée ou qu’il a du mal à accepter (arrivée d’un petit frère ou d’une petite soeur par exemple) ou autre ? A vous de le déterminer.

Si vous avez tout essayé et qu’il n’y a pas d’amélioration suffisante à vos yeux, faites vous accompagner. Contactez-moi et nous trouverons la meilleure solution pour vous et votre enfant, pour retrouver des nuits paisibles et sereines.

Et surtout, communiquer avec votre enfant autour de cette situation, pour éviter qu’elle ne se cristallise encore davantage et ne devienne une angoisse récurrente.

Lorsque vous aurez déterminé les causes de cette peur, vous pourrez répondre au besoin de sécurité et votre enfant. Il se sentira écouté, soutenu, en sécurité et pourra alors se détendre et trouver un sommeil profond et réparateur. 

Patricia

Les parents qui ont lu cet article ont lu également : “Les 3 origines principales de la peur chez l’enfant”

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Je suis l’heureuse maman de 2 enfants qui me font grandir et évoluer chaque jour. Sur ce blog, je partage mes découvertes et mes expériences à travers les familles et couples que j’accompagne. La Parentalité Bienveillante ainsi que la Communication Non Violente ont changé le quotidien de nombreuses familles et j’espère qu’elles changeront aussi le vôtre.
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