Comment dire “non” et éviter la crise de notre enfant ?

Il faut en passer par là : nous ne pouvons pas toujours dire “oui” à notre enfant. Et le refus du non va bien finir le toucher à un moment donné.

 Dans son développement et sa vie quotidienne, notre enfant est dans une quête constante de découverte, de plaisir et de jeux. Il n’est pas équipé au départ pour essuyer la frustration du refus. Gérer le “non” de l’adulte est quelque chose qui s’apprend progressivement.

La solution et possibilité qui s’offre à nous est justement de ne pas utiliser le « non » pour exprimer notre refus du comportement de notre enfant, pour ne pas créer de frustration supplémentaire quel que soit son âge.

Cette frustration peut donner lieu à des confrontations où, quand on ne cède pas à l’une de ses demandes, on tombe directement dans la crise. Le fait de rester ferme et de ne pas donner d’explication peut alimenter la situation qui se bloque. Notre enfant a besoin de comprendre en quoi son comportement n’est pas adéquat et ce que signifie notre refus. 

Comment dire “non” et éviter la crise de notre enfant.

enfant qui fait une crise de colère

STOP à la place de NON

Isabelle Filliozat, dans son livre « j’ai tout essayé », nous explique très bien l’importance et les conséquences de dire STOP ! plutôt que NON !.

Remplacez le « non » par le « stop » et vous vous rendrez rapidement compte qu’il est plus efficace et moins ambigu.

Lorsque l’on dit NON à notre enfant, nous avons en général un ton de reproche et nous fronçons les sourcils. Tandis qu’avec le STOP, nous ouvrons les yeux et notre ton est impératif et nous ne blâmons pas, nous interrompons un mouvement.

Avant 4 ou 5 ans, notre enfant a du mal à saisir les limites que nous voulons lui apprendre. C’est tout à fait normal.

Vous vous êtes peut-être déjà aperçus, lorsque notre enfant est petit, avant 2-3 ans, il nous cherche du regard avant de toucher un nouvel objet et d’essayer une nouvelle expérience, 🙂  comme pour recevoir notre autorisation. C’est à ce moment-là, que le STOP est le plus efficace.  Puis expliquer lui en mettant des mots simples sur l’interdit. Ne vous attendez pas qu’il mémorise tout d’un seul coup.

Comme on entend souvent : la répétition est la clé du succès.

Chez un tout petit, d’un an environ, il est possible qu’il continu son action, par exemple arracher les feuilles de la plante verte du salon, en nous regardant. Et nous prenons cela pour de l’insolence. Notre enfant est uniquement dans la découverte et l’expérience.

Dans ce cas, levez-vous, attrapez le avec douceur et redirigez le, prenez lui sa main et caresser la plante avec lui en lui expliquant les bienfaits. Guidez ses gestes, la consigne est ainsi inscrite dans son corps et sera plus efficace qu’une commande verbale. Nos enfants adorent apprendre par l’exemple en nous regardant et en passant un moment avec nous.

Intégrer le STOP par le jeu

Les enfants adorent, apprennent et retiennent beaucoup plus facilement par le jeu. Et cela aussi bien pour les apprentissages scolaires, que pour les règles de vie de la maison.

Le STOP sera d’autant plus efficace et rapide si vous commencez à l’utiliser sous forme de jeu.

Un jeu rigolo et porteur de joies, est le jeu « STOP et Go ».

Voici les règles : quand on dit « Stop », tout le monde s’arrête et on écoute ce que demande celui qui a dit « stop ». Quand on dit « Go », on peut de nouveau bouger en suivant les nouvelles consignes. »

Il s’agit d’un doux mélange entre le jeu « Jacques a dit » et le jeu « 1,2,3 SOLEIL »

Après le Go, il est possible de rire, de siffler, de chanter, de se chatouiller, de lever un bras, une jambe. Vous l’avez compris, tout ce qui vous fera rire et fera rire votre enfant. Laissez venir votre imagination et celle de votre enfant.

Ce jeu fait vraiment du bien. Il permet de bouger tout le corps, active les différentes zones de notre cerveau, ce qui est très libérateur, source de joie, de rire et d’énergie commune.

Votre enfant sera encore plus amuser lors d’une séance de chatouille avec son papa ou sa maman et qu’il aura le pouvoir de l’arrêter et de le faire repartir à sa guise, en : « Stop les chatouilles !, puis Go les chatouilles !…… »

famille qui joue aux chaouilles

Comment ne pas déclencher une crise lorsque nous disons « NON » ?

Comme nous venons de le voir, utilisons plutôt le STOP que le NON.

Une fois que nous avons dit STOP à notre enfant, il est important de se rapprocher de lui et de se mettre à sa hauteur pour se connecter à lui.

  • Regardez-le avec bienveillance et verbalisez son état émotionnel, son stress et sa frustration. on lui montre que l’on a compris le fait qu’il vit mal notre refus.

« Je comprends que tu sois déçu/en colère/triste » « Je sais que cela te faisais très plaisir »

(Tu m’as demandé telle chose, je comprends très bien que tu en as envie, je comprends très bien que c’est ce qui te ferait plaisir)

Votre enfant percevra le STOP, lorsque vous l’utiliserez dans la vie de tous les jours, positivement. Il lui permettra, d’arrêter ce qu’il est en train de faire, de mieux capter son attention et de se Stopper rapidement pour éviter un danger par exemple.

En grandissant, votre enfant aura parfaitement intégrer le STOP et cela deviendra alors un outil qui lui permettra d’éviter des conflits. Ce sera naturel pour lui de « stopper » un geste qu’il n’apprécie pas à son encontre.

  • Exprimer notre ressenti avec un message « je »

« Je ne suis pas d’accord que tu montes sur le canapé avec tes chaussures, quand je vois cela, je me sens triste en en colère. Lorsque notre émotion et notre stress sont exprimés, ils diminuent. Verbaliser notre ressenti, va nous permettre, justement de ne pas nous mettre en colère sur notre enfant. Cela va également apprendre à notre enfant à mettre des mots sur ses ressentis. A force de nous entendre, cette façon de faire, deviendra naturelle pour lui. Pour terminer, les messages en « je » permettent de ne pas culpabiliser l’enfant, nous parlons de nous, et restons sur des faits.

maman qui parle à son enfant à sa hauteur

  • Préciser ce que signifie notre « non » et trouver ensemble une nouvelle façon de faire.

Il est possible de :

  •  Lui montrer ce que nous attendons de lui : En nous observant, il imitera notre comportement.
  • Exprimer clairement ce que nous voulons par une formulation positive : « attends-moi au bout du trottoir » au lieu de : « ne traverse pas la route »
  • Nous pouvons aussi décrire les conséquences logiques de l’action de notre enfant et l’interroger : En tenant ton assiette avec les couverts sur le dessus, ils risquent de tomber, et le sol sera sale. Comment pourrais-tu faire pour que cela n’arrive pas ? Super, oui ! En emmenant d’abord les couverts puis ensuite ton assiette.
  • Nos enfants adorent jouer. Faire passer un message par le biais du jeu, est souvent super efficace : « Je comprends que tu préfères jouer avec ton camion plutôt que d’aller à l’école. Je te propose un jeu : nous mettons le timer et en attendant qu’il sonne, tu as le droit de faire autant de chargements que tu le souhaites. Vous pouvez également si vous le souhaitez, proposer à votre enfant, qu’au retour de l’école ou à votre retour du travail, vous participerez à son jeu et passerez un moment ensemble. Nos enfants attendent avec impatience tous ces moments en notre compagnie. Surtout si vous lui avez proposé le matin, tenez votre promesse en rentrant le soi, même 5 mn, pour ne pas le décevoir et conserver sa confiance.

Cet article pourrait également vous intéresser : “10 conseils pour pratiquer la parentalité positive !”


  • Mais vous pouvez toujours laisser une ouverture pour plus tard, montrer que la situation n’est pas définitivement bloquée, qu’on n’accédera jamais à sa demande. Ajoutez un fameux “Pas pour le moment…” ce qui laisse une possibilité pour une autre fois

Exemple : Tu as envie de manger un gâteau ? Je comprends car c’est très bon. Mais ce n’est pas possible, l’heure du goûter est passée et bientôt nous allons manger, tu n’aurais plus faim. Mais pourquoi pas en prendre un au dessert ?

Lorsque notre enfant est plus grand nous pouvons lui dire : tu veux avoir une console de jeu et une télé dans ta chambre comme ton ami a ? Ici, ce n’est pas possible, nous ne sommes pas d’accord. Mais quand tu seras un peu plus grand et que tu auras ta maison à toi, tu feras comme tu décideras.

Avec cette solution, la situation peut être débloquée et la frustration gérée (ce n’est pas non pour toujours, il y a une ouverture).

Un nouveau comportement, une nouvelle habitude, façon de faire, demandent du temps avant d’être intégré. Nos enfants ont des connexions neuronales qui se créent chaque jour et se renforcent avec l’entrainement.

Respirez, soufflez, temporisez, tout en patience et en bienveillance. 🙂

Partagez votre expérience et vos conseils en laissant un commentaire pour aider le maximum de parents et créer ainsi une vraie communauté. 🙂 

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Prenez soin de vous, de vos enfants et de votre couple.

Patricia, votre accompagnante parentale.

 

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Commentaires

  • Gugx

    octobre 30, 2019 at 19 h 21 min
    Répondre

    Bonjour, je me retrouve complètement dans cet article. Ma fille de 4 ans m'en a fait voir de toutes les couleurs...

  • Lucie

    octobre 23, 2019 at 17 h 49 min
    Répondre

    Bonjour, Merci pour cet article très intéressant. J'avais aussi ce souci par le passé avec mon aîné et je sais très bien comment c'est dur à vivre et épuisant. A l’aide de mes proches et de certaines méthodes mon mari et moi avons réussi à changer les choses. Je vous souhaite bon courage, Lucie

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Je suis l’heureuse maman de 2 enfants qui me font grandir et évoluer chaque jour. Sur ce blog, je partage mes découvertes et mes expériences à travers les familles et couples que j’accompagne. La Parentalité Bienveillante ainsi que la Communication Non Violente ont changé le quotidien de nombreuses familles et j’espère qu’elles changeront aussi le vôtre.
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