Harcèlement à l’école, faut-il s’en prendre aux harceleurs ?!!

Les médias, les écoles parlent de plus en plus du harcèlement à l’école. 12% des enfants du primaire disent avoir déjà été victimes de harcèlement.

Mon fils a été confronté à cela. Pendant l’année de son CM1, il était terrorisé par un camarade de sa classe. Comme l’explique si bien  Emmanuelle Piquet dans sa vidéo que je vous propose aujourd’hui, de nombreux enfants n’osent pas en parler à leurs parents car ils savent que cela va empirer après.

Formatrice et Psychopraticienne, Emmanuelle Piquet est co-fondatrice et associée de recherche au CRISS. (Centre de Recherche sur l’Interaction et la Souffrance Scolaire).

La solution n’est pas de sanctionner les harceleurs, elle est dans la confiance et la foi,  que les enfants vulnérables ont les capacités à devenir plus fort.

Antonin, ne nous a rien dit pendant plusieurs mois. La veille de la reprise de l’école des vacances de printemps, il a craqué, à pleurer le soir au moment du coucher, terrorisé de retourner à l’école le lendemain. Bien sur, en tant que parents cela a été extrêmement difficile. La culpabilité de ne pas avoir vu, ressenti les choses plus tôt, même si nous savions, sentions que quelque chose n’allait pas, nous avions questionné Antonin, mais rien ne sortait. Et puis il était toujours souriant malgré tout donc….

Après cette phase de culpabilité, vient le moment d’agir. Que faire ? Comment faire ? Par quoi commencer ? La première chose à faire comme l’explique Emmanuelle Piquet est de trouver la flèche sur mesure pour son enfant pour qu’il apprenne à se défendre, se sentir plus fort et surtout ne plus se sentir vulnérable.

Antonin a trouvé et construit ses propres flèches et en quelques semaines, il était transformé. La situation avait complètement changé. 

J’ai commencé par lire son livre que je conseille, pour les parents déjà concernés par le harcèlement et pour tous, pour comprendre ce qui se passe dans la cour de récréation des écoles de nos enfants.

N’hésitez pas à laisser en commentaire, vos questions et expériences à ce sujet, encore malgré tout toujours tabou !

Cliquez sur l’image pour plus d’information sur le livre d’Emmanuelle piquet :

Te laisse pas faire !

 

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Je vous laisse découvrir la vidéo TEDx.

Pour plus de confort, la transcription est sous la vidéo.

 

Je suis une maman de quatre enfants et je suis également psychopraticienne spécialisée dans le traitement des souffrances scolaires. Je reçois dans un cabinet dédié, le CRISS, un certain nombre d’enfants, d’adolescents et leurs parents confrontés à ses problématiques.

En ce qui concerne les déclencheurs de cette souffrance, je vois un certain nombre de choses qui évoluent depuis une petite dizaine d’années, ce qui persiste l’inquiétude des parents sur la réussite scolaire de leurs enfants. Ce qui change, c’est que cette inquiétude est en quelque sorte augmentée par un environnement pour le moins anxiogène. On invente un dys par jour, nous en sommes aujourd’hui à la dysorthographie transintentionnelle et à la dyscalculie développemental. Moi, quand j’étais petite, on disait juste, « elle n’est pas matheuse », mais c’était il y a super longtemps.

Nous sommes tous stressés à l’idée que nos enfants ne lisent pas parfaitement bien à la Toussaint du cours préparatoire et nous sommes prêts pour cela à les en dégouter de la lecture en les forçant à lire tous les soirs. Et certains, certaines d’entre nous posent des questions un peu saugrenue à des instituteurs interloqués en première année de maternelle du type : « Est-ce qu’il s’intègre bien au groupe ? Est-ce que le groupe s’intègre bien à lui ? » « Oui, ça va. Il a des copains. Ça va, oui ».

Parce que ce qui évolue également dans cette inquiétude, c’est qu’en plus d’être augmenté, elle se dilate en quelque sorte pour aller vers d’autres territoires jusque-là inédits et notamment, vous l’avez compris, celui de la relation. Nous sommes des parents connectés. Nous savons que pour réussir, nos enfants ont besoin d’avoir de belles attitudes relationnelles. Certains d’entre nous les scrutent, les observent, guettent leur entrée en relation, leurs amitiés, leurs ruptures et leurs réconciliations. L’autre jour, je reçois la maman d’Augustin qui me dit, « Augustin n’a pas été invité à l’anniversaire de Lou ». Je dis, « mince, et alors. »

« Qu’est-ce que vous avez fait ? » Elle me dit, « ben, je suis allée voir Augustin, j’ai dit, chéri, comment se fait-il que tu n’aies pas été invité alors qu’il y a eu au moins 10 autres copains qui sont invités ? Il m’a répondu, ce n’est pas ma copine. J’ai dit, Augustin, ce n’est pas le problème ».

 « Les copains, c’est important. Je vais te demander de réfléchir à la façon dont tu vas t’y prendre pour être invité au plus d’anniversaires possible ».

Je lui dis, « ça a marché alors ? » Elle me dit : « Non, pas du tout, il est invité de moins en moins. Et en plus, à chaque fois que je lui en parle, il se met à pleurer. Je suis inquiète ». « Moi aussi, je suis un peu inquiète ».

C’est qu’en effet, la première conséquence de cette inquiétude qui est la nôtre, c’est que le risque, c’est qu’elle se diffuse en fait auprès des enfants et qu’elle provoque exactement l’inverse de ce que nous voulons, c’est-à-dire qu’elle crée chez lui non seulement un mal être relationnel mais en plus une volonté d’y réfléchir, ce qui est très mauvais. L’amitié, on n’y réfléchit pas, on la ressent. Et que donc ce faisant, on aggrave d’une certaine manière leurs incompétences relationnelles. C’est l’histoire du millepatte qui rencontre un jour un escargot. L’escargot lui dit : « Tiens, ça fait super longtemps que je voulais te poser la question, comment est-ce que tu fais, toi, pour marcher sans jamais t’emmêler les pinceaux ? Tu mets une patte, deux pattes, trois pattes, quatre pattes et tu ne trébuches jamais. Comment tu t’y prends ? » Le millepatte lui dit : « Mais je ne sais pas. Moi, je… » Alors, l’escargot s’en va un peu déçu. Et là, le millepatte, qui s’est mis à réfléchir la façon dont il marchait, veut repartir et il ne peut plus.

Cette histoire est dramatique, parce qu’à cet instant précis, dans le ciel, un aigle voit ce petit millepatte tétanisé, immobile, plaqué au sol, fonce sur lui et l’avale. Ce n’est pas drôle.

Parce que ce que je crois, c’est que sans le vouloir, nous envoyons tous les jours des petits millepattes tétanisés dans la cour de l’école à cause de nos inquiétudes, des petits millepattes tétanisés dans la vulnérabilité visible à l’œil nu, attirent immanquablement des oiseaux de proie plus populaires.

Ça donne quoi un enfant tétanisé vulnérable dans la cour de l’école ? Ça donne Bastien à 18 ans. Sa classe a constitué un groupe Facebook anti-lui. Tous les soirs, Bastien enrage et pleure dans sa chambre en lisant les injures et les insultes dont il est l’objet. Lorsqu’il vient me voir depuis 15 jours, il n’est plus retourné au lycée. Mais il n’a pas dit à ses parents ni au CPE pourquoi il n’y retournait pas, parce que me dit-il, « si je le fais, la situation va empirer ». Les enfants sont lucides.

Ça donne Julie, 15 ans, qui s’est entichée d’un groupe de populaires dont la plus populaire d’entre elles, Candice, la prend, la jette, la prend, la jette, la prend et la rejette. Julie est très mal lorsqu’elle est dans le groupe, elle est totalement angoissée à l’idée d’en être exclue. Et lorsqu’elle est en dehors du groupe, elle déprime et sa maman est en pleur lorsqu’elle me l’amène un mercredi après-midi.

Ça donne Lily-Rose, 6 ans, qui arrive au CRISS et dit : « Je te préviens. La seule chose que j’attends de toi, c’est que tu dises à ma mère de me changer d’école, parce que depuis la rentrée, Kevin me fait des béquilles, me fait des croche-patte, me donne des coups-de-poing, des coups de pied. Hier, il m’a mis de la colle dans les cheveux. J’ai tout essayé, il n’arrêtera jamais. Je t’en supplie, dis-lui de me changer d’école.

Ça donne Gabriel, 3 ans, dont les joues rebondies et lisses comme des pêches…

attirent de façon terrible la petite Salomé qui donc trois à quatre fois par jour se jette sur lui et mord ses joues avec délice.

Le personnel de la crèche a bien évidemment tancé Salomé qui s’en fiche éperdument et a trouvé des solutions pour le mordre subrepticement.

Au CRISS, nous avons souvent constaté que lorsque des adultes aussi bienveillants, intelligents, respectueux soient-ils, interviennent dans des relations dysfonctionnelles entre deux enfants, au mieux ils cristallisent la situation, au pire ils l’amplifient, sans le vouloir bien entendu. Parce qu’en intervenant, ils envoient en fait deux messages implicites, le premier à l’enfant agressé qui est, « tu es vraiment incompétent socialement, tu es trop nul relationnellement, la preuve, on est obligé d’intervenir à ta place », et le deuxième à l’enfant agresseur qui est, « tu as trouvé une cible tout à fait remarquable et de choix, elle est incapable de se défendre et en plus tu es une vraie star du rock puisque tu réussis à mobiliser les adultes avec ta méchanceté et tes bêtises ». N’oublions pas qu’au collège, mobiliser les adultes avec sa méchanceté et ses bêtises est un gage de popularité accrue.

Nous faisons donc autrement. Ce que nous faisons, c’est que nous aidons les enfants à construire, fourbir, puis décocher tous seuls des flèches verbales, des flèches d’arrêt, des flèches de résistance, des flèches défensives, mais qui font vraiment peur à l’oiseau populaire qui n’a plus envie de se frotter à ce petit millepatte parce qu’il prend un risque notamment en termes de propre popularité. Parce que contrairement à ce qu’on nous enseigne, une pensée psychologisante qui date un peu, mais qu’on entend encore ici et là sur les ondes, nos enfants ne se font pas agresser, harceler parce qu’ils sont gros, trop petits ou mal habillés, nos enfants se font harceler parce qu’ils ont vulnérables et que cela se voit.

À Bastien, nous avons dit, « que se passerait-il si ce soir tu prenais la présidence du groupe en disant je suis quand même bien placé pour savoir à quel point je suis un sombre crétin, et je me propose également d’évaluer les meilleurs postes d’entre vous ». Tu pourrais terminer en disant, « je suis tellement fier et je vous remercie de faire en sorte que je sois à la fois votre idole et votre président ». Le groupe s’est dissous le lendemain. Mais mieux que ça, lorsque Bastien est retourné dans la cour du lycée, il ne s’est plus fait embêter parce qu’on n’agresse plus quelqu’un qui sait aussi bien se défendre.

À Julie, nous avons dit : « Le problème, tu vois, c’est que chaque fois que Candice te jette et qu’ensuite elle revient te chercher, elle sait que tu vas dire Oui et elle a raison, comme un petit caniche abricot. Et chaque fois que tu dis Oui, tu attestes devant tout le monde du pouvoir énorme qu’elle a sur le groupe. Ce qui serait peut-être intéressant, c’est qu’à la prochaine fois qu’elle te jette et qu’elle revient de chercher, tu lui dis, j’ai bien réfléchi Candice, on peut rester copines, bien sûr, il n’y a pas de problème, mais on ne peut pas être amies parce que je crois qu’on n’est pas compatibles ». Julie a souri. La semaine d’après, lorsqu’elle est revenue, elle nous a dit que depuis qu’elle lui avait dit ça, Candice n’avais de cesse de la solliciter.

Pour Lily-Rose, ça a été plus dur. Nous lui avons dit : « Le problème, Lily, c’est que dans la prochaine école, si jamais tu y vas, peut-être, il y aura d’autres Kevin, peut-être, ils sont un peu moins pénibles, peut-être, ils sont un peu plus pénibles, et peut-être ce qu’il serait bien, c’est que tu t’entraînes sur Kevin premier…

Comme ça, tu sauras faire. Maintenant, ce qu’on va te proposer comme flèche, c’est une flèche quand même extrêmement difficile, nous ne sommes pas du tout certaines que tu vas y arriver ». Comme c’était une enfant rebelle, elle nous dit, « dites toujours ». On lui a dit voilà : « Ce qui serait intéressant, c’est que tu attendes que Kevin soit entouré de toute sa cour, de tous ses copains, que tu t’approches de lui et que tu lui dises, j’ai entendu un truc que disaient les grands, ils disent que lorsqu’un garçon tape une fille, c’est parce qu’il n’arrive pas à lui dire qu’il l’aime, tu m’aimes ? »

Elle nous a dit, « je ne peux pas dire ça à mon pire ennemi de tout l’univers que je l’aime, parce que je ne l’aime pas du tout qu’il m’aime, je ne veux pas qu’il m’aime ». Je dis, « ben, je sais bien, chérie, j’ai bien compris. Donc, tu as le choix, soit tu continues comme ça, mais il va continuer aussi, soit en effet, tu fais ce qu’on te dit et moi, je pense qu’il va arrêter, mais c’est bien entendu toi qui décide ». D’après ce qu’elle nous a raconté, sa maman, Lily-Rose s’est beaucoup entraînée le soir devant sa glace et avec sa grande sœur.

Lorsqu’elle arrive en deuxième séance, je lui dis, « comment ça va, chérie ? » Elle me dit, « pas bien du tout ». Et j’ai dit, « pourquoi ça ne va pas ? » Elle me dit, « parce que je n’ai pas pu dire ma flèche ». Mais je dis, « pourquoi tu n’as pas dit ta flèche, chérie ? » Elle me dit, « parce qu’il ne m’a plus tapée, il m’a offert une grosse bague rose en plastique ».

Notre hypothèse était sans doute la bonne. Ce qui se passe en fait et c’est 50 % des cas, c’est que Lily-Rose est rentrée dans la cour de l’école non pas comme une petite chose vulnérable en se disant, « pourvu que Kevin ne vienne pas me taper ». Elle est rentrée comme ça, elle l’a cherché des yeux en disant, « viens » et il n’est pas venu.

Parce que contrairement à ce que pensent certaines d’entre nous, les hommes sont parfois intuitifs.

Alors, on parle beaucoup de violences et de souffrances scolaires en France et c’est bien normal puisque les derniers rapports montrent que 12 % des enfants du primaire disent être ou avoir été harcelés dans la cour de l’école. On en parle dans la presse, on en parle au rectorat, on en parle jusque sur les bancs de l’Assemblée nationale, mais toujours pour trouver des solutions à l’extérieur de l’enfant vulnérable, toujours en travaillant sur l’enfant qui agresse en le sanctionnant, lui faisant des cours de morale et de civisme. Ça ne marche pas, mais on continue. C’est qu’on ne fait pas confiance, on n’a pas foi dans la capacité des enfants vulnérables à devenir plus fort alors qu’il suffit de les outiller un peu. Lorsque j’étais petite, je voulais être avocate pour enfant, mais ça n’existe pas comme métier. Alors, j’ai décidé de construire avec et pour eux des flèches sur-mesure. Et ce que je voulais vous dire ce soir, c’est que peut-être ce serait bien qu’on soit plusieurs à faire ce métier-là pour qu’il y ait de moins en moins d’enfants désemparés dans la cour de l’école. Merci.

Les personnes qui ont regardé cette vidéo, ont également lu l’article : Lien entre sentiments et comportements de nos enfants !

Patricia 

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