Le couple et sa sexualité

 

 

TRANSCRIPTION AMELIORÉE :

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Bonjour ! Patricia Marie-Angélique de la chaîne Youtube Famille et couple heureux et du blog famille-et-couple-heureux.com. Je suis très heureuse aujourd’hui d’être avec Damien Mascret et nous allons vous parler du couple et de sa sexualité. Bonjour Damien !

Damien MASCRET : Bonjour ! Bonjour à tous !

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Alors, je vais commencer par te présenter. Donc, tu es médecin, sexologue et journaliste.

Damien MASCRET : C’est ça.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Tu travailles ici même à Paris au Figaro.

Damien MASCRET : C’est ça.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Tu as aussi animé pendant plusieurs années une chronique santé quotidienne sur la radio Europe1.

Damien MASCRET : Exact.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : tu es entre autre aussi l’auteur des livres Le dico-guide de votre santé, Peut-on être romantique en levrette ?, et La revanche du clitoris.

Damien MASCRET : C’est ça.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Est-ce que tu veux ajouter quelque chose à ta présentation.

Damien MASCRET : Alors, ça me paraît complet, si ce n’est que je suis aussi père de deux filles qui sont ados hein, donc qui… et qui m’ont toujours sensibilisé à cette question finalement de l’éducation sexuelle, de l’importance de montrer aux enfants de… quel que soit leur âge d’ailleurs, que les questions de sexualités sont légitimes, on a le droit de se les poser, on a le droit de les poser à ses parents. Alors, il ne s’agit pas non plus de tout déballer quand l’enfant pose une question, mais simplement répondre progressivement à ses interrogations pour lui montrer bah que c’est une part de la vie comme une autre et même une part importante et qu’il n’y a pas de tabou à avoir en tout cas dans les discussions parents enfants. On répond aux questions des enfants.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Et ça, c’est vraiment très important de le… enfin vraiment d’appuyer dessus parce que moi-même étant maman et d’un jeune ado d’ailleurs qui a 13 ans, on voit à des moments qu’il peut y avoir des non-dits, des gênes. Et c’est vrai que souvent dans l’éducation, le sexe est un tabou dans les familles. C’est vraiment important de le préciser.

Damien MASCRET : C’est vrai que c’est parfois compliqué hein. Encore une fois, il ne s’agit pas d’anticiper, il s’agit de montrer que s’il y a une question, on est prêt à y répondre. Il ne s’agit pas non plus de gêner les enfants parce qu’effectivement comme on est leur parent, parfois ça les gêne d’aborder des questions de sexualité, ce qu’on appelle « l’incestualité » hein, c’est-à-dire qu’ils sont gênés parce qu’on est parents et que parler de sexe avec ses parents c’est parfois compliqué. Mais en tout cas, il faut évidemment répondre aux questions de façon sincère et authentique, voilà. Que vous ayez des connaissances ou pas, que vous le sachiez ou vous ne sachiez pas répondre, et ben il faut le dire franchement pour leur montrer que le canal est ouvert et que quel que soit à un moment donné leurs interrogations qui peuvent être sur leurs orientations sexuelles ou sur d’autres choses plus concrètes, eh bien vous serez là pour y répondre, vous serez prêt à y répondre.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Est-ce qu’on peut, parce que là d’ailleurs j’ai justement quelque chose qui me vient, est-ce qu’on peut si on voit que son enfant a envie de parler de sexe ou a des questions, l’aider à poser ses questions ? Par exemple, des fois je commence à me rendre compte qu’il est en demande de renseignement mais qu’il n’ose pas. Donc, comment est-ce qu’un parent peut faire pour aider son enfant à en parler ou pour l’aider, oui ?

Damien MASCRET : Très souvent, le moyen le plus facile, c’est de laisser traîner un livre ou alors de l’offrir ou de le laisser traîner mais un livre sur la sexualité. Il y a beaucoup de livres hein qui existent sur la sexualité dans lesquels d’abord ils vont pouvoir puiser peut-être même des réponses, mais aussi le fait de voir que ces livres existent, parce que ce n’est pas tabou, que ça vient dans la bibliothèque avec d’autres livres, ce n’est pas caché dans un placard, ça leur montre que c’est absolument légitime de prendre un livre et de regarder dedans. Donc, n’hésitez pas à regarder selon l’âge de vos enfants… il y a beaucoup de livres sur la sexualité, selon l’âge quel livre vous paraît adapté et puis bah achetez le, et puis comme ça, ça peut être une porte d’entrée pour en parler. L’autre porte d’entrée parfois, c’est pendant les films ou les émissions lorsqu’un sujet est abordé, eh bien vous pouvez très bien manifester vos réactions à dire que c’est n’importe quoi, vous n’êtes pas d’accord quand un thème est abordé. Le fait de manifester votre réaction montre que vous êtes ouvert à la discussion avec votre enfant et lui-même peut rebondir ou ne pas saisir la perche, peu importe, mais en tout cas vous manifestez votre réaction par rapport à ce qui se passe ou ce qui est dit.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : D’accord. Dans le couple, un des éléments importants, c’est la sexualité. Est-ce que tu peux nous expliquer le processus, le cycle d’un rapport sexuel ?

Damien MASCRET : Alors, c’est vrai que le cycle d’un rapport sexuel tel qu’il avait été écrit, décrit il y a quelques années partait d’emblée de l’excitation. Alors, on a vu une courbe qui partait de l’excitation, l’excitation qui montait, qui atteignait un certain plateau et qui ensuite qui montait encore et on atteignait l’orgasme. Et c’était un modèle qui était très centré finalement sur la performance. On donnait l’impression aux gens que l’objectif de la sexualité c’était d’aboutir jusqu’au pic de l’orgasme alors qu’aujourd’hui on a une vision un peu cyclique et plus vaste, c’est-à-dire qu’on considère que ce qui est important dans la sexualité de couple, c’est d’abord d’avoir du désir, donc avant même l’excitation d’avoir du désir, l’envie de partager un moment intime avec l’autre, un moment érotique, un moment agréable. Ensuite, c’est évidemment la sensualité, l’érotisme, c’est que ce rapport là encore ne soit pas centré sur la performance, donc pas centré sur l’importance de l’érection, sur l’importance de la pénétration, mais bien plus largement sur faire des choses agréables ensemble, c’est toujours la question qu’on doit se poser pendant l’acte sexuel, est-ce que ce que je suis en train de faire me plaît ? Ou est-ce que je suis d’accord, évidement hein, avec mon partenaire même si ce n’est pas ce que j’aime le plus au monde mais mon partenaire ou ma partenaire aime, et moi ça ne me dérange pas, voire ça me plaît un petit peu, ben pourquoi pas ? Mais en tout cas, on ne doit jamais être dans… évidemment pas dans le dégoût mais même dans la gêne quoi. Si c’est quelque qu’on n’aime pas, on a le droit de le dire et de le manifester. Et donc, on est dans ce partage de sensualité qui aboutit sur la satisfaction, c’est-à-dire que les deux sont satisfaits plus ou moins hein selon ce qu’on a recherché dans l’acte sexuel. Ce n’est pas grave. Là aussi, il n’y a pas de performance, il n’y a pas de débriefing après pour savoir si c’était parfait. C’est vraiment ce qui avait tué très longtemps la sexualité, cette idée qu’il fallait la perfection, qu’il fallait absolument réussir à faire de la bonne façon, qu’il y avait une seule façon de faire qui était performante. En fait, pas du tout, ce compte c’est que les deux passent un bon moment. Et puis en même temps, si c’est raté, raté d’ailleurs de quel point de vue ? Bah ce n’est pas grave quoi, encore une fois on recommencera, et puis c’est tout.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Il y autant de façons et de manières qu’il existe qu’il y a des couples qui existent en fait.

Damien MASCRET : Et puis l’envie selon les moments. On peut… il y a des moments où on peut avoir envie du grand jeu et puis d’autres moments où on n’a pas forcément envie. Ça demande de l’énergie aussi hein, donc… C’est vrai qu’on sait que la sexualité demande aussi d’être bien dans son corps, bien dans sa tête, ça facilite le rapport sexuel. Donc évidement quand on est dans des périodes où on est épuisé et fatigué, on a peut-être du mal à avoir de l’énergie pour la sexualité. Ça fait partie aussi des cycles normaux quoi, ce n’est pas une performance à réussir à chaque fois.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Le couple vit aussi au travers de trois ingrédients importants qui sont l’intimité, la passion et l’engagement, qui représentent le triangle de l’amour de Sternberg. Est-ce que tu peux nous expliquer en quoi cela consiste et ce qu’il pourrait se passer dans un couple s’il y a un ou plusieurs de ces ingrédients disparaissaient ?

Damien MASCRET : Oui. Alors, c’est vrai que le triangle est basé sur trois composantes essentielles hein, l’intimité, la passion et l’engagement, comme tu disais. Alors la passion, c’est ce qui vient spontanément à l’esprit parce que c’est… on tombe amoureux, voilà, on est attiré par quelqu’un, la passion, le désir, on brûle de désir pour l’autre. Avant même de se rencontrer, quand on sait qu’on a rendez-vous, on est déjà tout excité, débordant d’amour, voilà, ça c’est la passion. Alors évidemment, ça ne dure qu’un temps. Hein, ça il faut quand même le dire, ça ne dure qu’un temps, la passion. Mais tout de même hein, il va rester, ce désir, ce désir physique pour l’autre, mais c’est vrai que c’est la composante la plus facile et aussi parfois la plus spontanée notamment chez les jeunes, c’est vrai qu’ils pensent passion.

 Alors ensuite, il y a l’intimité. C’est vrai que c’est un peu plus subtile parce qu’on ne se rend pas toujours compte, mais quand on est bien avec quelqu’un, on est bien dans l’intimité avec, c’est-à-dire qu’on peut même partager un long moment par exemple sans parler, on peut être… et on n’est pas gêné d’un long moment sans parler. Cette intimité, c’est ce qui va souder le couple ensemble et qui va croître avec le temps et qui va rester en principe quand un couple, quand deux personnes s’entendent bien.

Et puis la troisième composante qui est l’engagement, et un peu plus rationnel, c’est-à-dire c’est les efforts qu’on fait pour son couple, on est prêt à faire des efforts pour partager les activités ménagères par exemple, pour équilibrer la charge émotionnelle pour l’un et l’autre. On est vraiment beaucoup plus dans « je veux que mon couple marche et que mon couple dure ». Et puis parfois, lorsqu’un couple commence à avoir des difficultés, l’un des deux va faire des efforts et puis à un moment on aura assez et va se désengager du couple. C’est parfois d’ailleurs où l’autre se rend compte qu’il se passe quelque chose, mais parfois c’est trop tard malheureusement, les couples vont se dissoudre, se séparer à ce moment-là, parce que l’un des deux avait fait beaucoup d’efforts et ce n’était pas reçu par l’autre comme des efforts, ce n’était pas du tout perçu. Et on ne s’est rendu compte de rien ou alors on n’a pas prêté attention et donc le couple malheureusement se dissout. Donc, la composante engagement, très importante pour la longévité du couple.

La composante passion, comme je le disais, peut diminuer, baisser avec le temps. Alors, ce n’est pas forcément grave pour le couple hein, simplement. C’est vrai qu’il va falloir attacher de l’importance à sa sexualité, continuer de séduire l’autre et d’être soi-même séduisant ou séduisante, donc de faire malgré tout, des efforts pour rester un couple érotique qui se séduit. Et donc cette composante qui peut même complètement disparaître parfois aboutit à des couples qu’on appelle presque amicaux, c’est-à-dire c’est des parents par exemple qui vont rester ensemble et qui parfois au moment où les enfants vont quitter le foyer eh bien vont parfois se séparer bons amis simplement parce qu’ils n’avaient plus cette composante passion, cette composante physique, érotique, sensuelle qui liait le couple. Donc, on peut aussi l’avoir complètement absente dans les couples amicaux, voilà. On peut avoir une intimité avec un ami où on se sent très bien ensemble. On partage des moments ensemble. On fait aussi éventuellement des efforts d’ailleurs, c’est-à-dire qu’on supporte les défauts de ses amis par exemple ou les erreurs qu’ils auraient pu faire, mais simplement il n’y a pas la composante physique, la composante érotique, on est simplement dans l’amitié.

Donc quand les trois sont présents, évidemment le couple fonctionne mieux et aussi quand parfois on peut avoir des compensations, c’est-à-dire qu’il y a des moments où l’une des composantes baisse mais l’autre va compenser et finalement le couple va fonctionner et passer ces périodes. Ce n’est pas quelque chose de constant, c’est des choses qui varient au fil du temps.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : D’accord. Donc, un peu comme des cycles, il peut y avoir un moment où la passion est plus forte, des fois l’engagement, des fois l’intimité. Mais tant qu’on arrive à trouver une stabilité, une…

Damien MASCRET : Exactement.

Damien MASCRET : Ça peut… et puis, ça peut se maintenir. Par exemple, l’engagement qui va rester fort fait qu’on peut très bien supporter une période où l’un des deux a moins, je ne sais pas, moins de passion, moins de désir par exemple, puisqu’il y a des cycles. Parfois, certains couples trop exigeants considèrent que c’est la fin du couple alors que les couples à long terme savent bien qu’il y a ces fluctuations et ça peut diminuer, ça peut augmenter, il y aura des périodes de désir, des périodes de moindre désir, mais ensuite ça va repartir. Donc, c’est une certaine philosophie finalement d’accepter que tout ne soit pas toujours à 100%, toujours parfait, mais simplement qu’il y aura des cycles et il faut les accepter.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : D’accord. Est-ce que justement pour parler des parents en tant que médecin sexologue, quelle est la problématique qui revient le plus souvent après l’arrivée d’un enfant ou du deuxième ou du troisième ?

Damien MASCRET : Alors très souvent, c’est une période où d’abord on va avoir une perte d’énergie très importante hein et c’est vrai qu’il faut une certaine énergie pour la sexualité. Alors, quand on est dans la phase lune de miel, le début où la passion est très forte, on trouve toujours de l’énergie même si on est épuisé pour la sexualité évidemment. Mais quand on est un couple un peu plus installé où là les deux sont engagés dans leur couple, il est un peu plus solide, on peut considérer que la sexualité est la cinquième roue du carrosse hein, donc voilà c’est après avoir fait… s’être occupé du bébé, s’être occupé du ménage, s’être occupé des course etc. Ça vient très loin derrière et finalement on n’a pas envie de redevoir encore bien évidemment cette idée de devoir conjugale, presque, on n’a pas envie, voilà. Donc, c’est un petit peu un cycle normal de… une certaine perte d’envie, pas toujours hein, certaines femmes notamment qui ont un désir qui s’accroît après la naissance du bébé, mais on a beaucoup de femmes aussi qui vont trouver suffisamment de satisfaction émotionnelle, voire même sensuelle et affective parce que prendre son bébé dans ses bras, le renifler, le sentir, c’est très agréable, donc suffisamment de satisfaction pour ne pas avoir cette envie finalement de proximité avec l’autre et le voir même parfois comme une contrainte.

Donc, c’est vrai qu’il y a une sorte de baisse de désir qui est plus ou moins longue selon les couples et qui peut parfois perturber le partenaire, le partenaire qui peut parfois avoir des réactions un peu trop égoïste ou primaire en disant, « elle ne m’aime plus » ou « elle n’a plus envie de moi » ou « je ne suis plus séduisant »… Non pas du tout, c’est des cycles tout simplement. La libido est un peu plus orientée ailleurs. L’énergie créatrice, forcément, a été satisfaite avec l’enfant. Donc, c’est des phases qui sont naturelles.

Maintenant, il faut savoir aussi que c’est des périodes où il est important que le couple se ménage des espaces pour lui, ne soit pas que centré sur l’enfant. Donc, il faut des moments où le bébé est confié à la nounou, aux parents, aux grands-parents, peu importe. Il faut trouver quelqu’un qui peut s’occuper de l’enfant pour réaménager des espaces pour le couple. Ça a un côté un petit peu contrainte. C’est vrai que par rapport à la phase initiale où tout a été facile et spontané, l’idée de se faire un agenda ou de se bloquer des rendez-vous avec son partenaire qui est son parent finalement, avec qui on est parent, ben ça paraît un peu lourd et pourtant il faut le faire, parce que c’est important d’avoir du temps pour son couple, puis aussi du temps pour soi. Et aussi hein, parfois, le partenaire ne se rend pas compte de l’épuisement que ça peut générer. A fortiori pour quelqu’un qui travaillait et qui ne travaille plus par exemple, ben celui qui part le matin et qui revient le soir,  « tu n’as rien fait, donc tu dois être.. », ben non, au contraire, quand on passe une journée avec un enfant, on sait très bien qu’on a fait beaucoup, on a dépensé…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : C’est un métier à plein temps

Damien MASCRET : C’est plus qu’un métier à plein temps, c’est même parfois plus fatigant. On préfèrerait être au travail, ben j’exagère presque mais ben en termes d’énergie, c’est…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : A un certain jour, oui.

Damien MASCRET : c’est considérable, voilà, donc ne se rend pas compte finalement de cette dépense d’énergie qu’il y a eu. Il pourrait avoir l’impression encore une fois le prendre pour lui alors que ça n’a rien avoir avec lui, ben simplement c’est soi-même qui… on a trop investi d’énergie. Donc, il faut aussi avoir du temps pour soi et à la limite parfois pour le couple. Ce n’est pas le temps d’ailleurs de dire : « ben on laisse le bébé à une nounou et nous on va au restaurant ». C’est peut-être même de dire : « Ben moi, je garde le bébé, je m’en occupe. Fais ce que tu veux. Vas avec tes copines, vas faire du sport, vas faire ce que tu veux ». Redonner du temps à l’autre, c’est aussi lui redonner cette respiration nécessaire parce que pour désirer l’autre et être désirable soi-même, il faut d’abord aussi s’aimer soi-même. Et ça, c’est important d’avoir du temps pour le faire.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Quel est le conseil que tu pourrais donner aux couples qui n’ont plus de désir l’un à l’autre, enfin s’il y a un des partenaires qui n’a plus de désir ou en tout cas qui a l’impression de ne plus avoir de désir ? Donc déjà, mais tu as déjà dit de… s’il y avait un enfant, de laisser l’enfant à garder, de se donner du temps à soi, est-ce qu’il y a encore d’autres choses que tu peux rajouter par rapport à ça ?

Damien MASCRET : Eh ben il va falloir aussi se… peut-être se rappeler des moments où on avait des choses agréables, du temps agréable ensemble, c’est-à-dire ne… il ne s’agit pas d’être dans la nostalgie du passé hein, on va vers l’avant, on ne va pas vers l’arrière évidemment, mais quand même de se rappeler toutes les bonnes raisons qui font qu’on est avec quelqu’un, toutes les qualités qu’on apprécie chez quelqu’un, bref ne pas avoir que l’image un petit peu de reproche envers l’autre, parce que l’autre n’en fait jamais assez et surtout dans ces périodes très chargées, donc ne pas simplement voir l’autre comme soit sous l’angle reproche, soit sous l’angle fonctionnel, c’est-à-dire que je le contacte parce que j’ai besoin de ceci, j’ai besoin de cela ou pour lui rappeler de faire ci ou faire, ça, non c’est aussi l’autre et aussi un partenaire amoureux, un partenaire intellectuel. Donc, il faut se rappeler toute cette personnalité qui nous a séduit chez l’autre. Et en faisant cette gymnastique mentale, eh bien on entretient finalement le désir aussi dans le cerveau, et ça c’est important pour que l’autre reste désirable.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. Et donc pour peut-être un peu conclure tout ça, si… et pour tous ceux qui nous regardent, est-ce que tu aurais trois conseils à donner que les personnes puissent mettre en pratique immédiatement pour pouvoir redynamiser, leur couple…

Damien MASCRET : Alors, c’est vrai que le premier conseil en matière de sexualité, c’est que pour cette raison qui fait qu’on est des êtres d’habitude, c’est rassurant hein que ça se passe d’une certaine façon que les choses soient… alors pas forcément exactement pareilles, mais enfin quand même on aime bien être rassuré. C’est ce qui fait qu’un couple par exemple qui au début va faire l’amour un peu partout dans la maison ou même dans des lieux plus ou moins dangereux ou exposés, finalement ils veulent finir par le faire uniquement dans la chambre, dans le lit, dans le confort, voilà, comme on dit parfois, on s’embourgeoise un petit peu en matière de sexualité de couple et on oublie finalement ces frissons qu’on avait.

Et pourtant c’est important parce que dans le couple, en matière de sexualité, on ne peut pas remettre la découverte de l’autre, voilà. On l’a découvert, on sait, à priori au bout d’un moment, on sait ses goûts et ses dégoûts d’ailleurs. Bref, on a à peu près situé en plus ce que l’autre aime ou n’aime pas, ce qui marche… Donc, tu aurais cette tentation de la facilité, un peu une paresse à dire : « Faisons comme d’habitude. Ça marche bien, pourquoi changer ? » Eh bien, si justement. Pour que l‘acte sexuel reste excitant, il faut que… on ne peut pas remettre la découverte, mais on peut remettre de l’imprévu. Et l’imprévu, c’est vraiment ce qui va remplacer la découverte.

A partir du moment où vous êtes réellement imprévisible pour l’autre, dans vos réactions, dans ce que vous faites, dans l’enchaînement des gestes, dans les moments où vous faites des choses érotiques, eh bien à partir du moment où vous remettez cette surprise, vous réveillez dans le cerveau primaire de votre partenaire, cette idée qu’il peut se passer des choses imprévues. Et du coup ça, ça nourrit, ça vient attiser l’excitation, donc c’est important de garder cette idée d’imprévu.

Le deuxième conseil qu’on pourrait donner, c’est… qui rejoint un peu l’idée de ne pas être paresseux, c’est de se challenger soi-même, c’est-à-dire de s’interroger soi-même sur sa sexualité. Là aussi, on a un répertoire souvent qui a tendance à se rétrécir lorsqu’on fait ses envies, eh ben non il faut le ré-ouvrir, c’est-à-dire reconsidérer tout ce qu’il est possible de faire, ça peut être par des lectures, par des films, par des discussions avec des amis, mais en tout cas de revoir tout le champ de ce qu’il est possible de faire en matière d’érotisme et de sexualité et d’expérimenter. Vous ne risquez rien avec votre partenaire. Et puis en plus, vous vous faites confiances, vous êtes quand même dans une situation de respect mutuel, on prend le best case, vous êtes dans une situation idéale finalement pour expérimenter des choses, donc autorisez-vous des choses, vous avez carte blanche. Profitez-en pour faire tout ça.

Et puis le troisième conseil, c’est aussi de s’occuper de soi-même, parce qu’encore une fois, le sexe, l’échange sexuelle, c’est dans les deux sens, c’est-à-dire qu’on n’est pas là pour satisfaire l’autre, bien sûr on peut le faire, et l’autre n’est pas là pour nous satisfaire, c’est un jeu d’échange perpétuelle, il faut changer. Et rien n’est plus ennuyeux qu’un partenaire qui est complètement docile et qui fait ce qu’on veut mais qui ne manifeste jamais ses propres envies, ses désirs. Donc, soyez aussi vous-même, affirmez vos désirs, vos envies, manifestez-les auprès de l’autre qui prendra ou qui ne prendra pas. Là aussi, il n’y a pas de jugement là-dedans, vous ne choisissez pas ce qui vous excite. Mais interrogez-vous vous-même sur votre sexualité, sur ce que vous pourriez faire et puis posez-vous cette question : « Pourquoi je ne le fais pas ? Pourquoi je n’essaie pas ? » Vous verrez que très souvent il n’y a aucune raison, aucune raison de ne pas essayer quelque chose de nouveau.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : C’est vrai que ça aussi c’est bien vraiment de bah comme tout à l’heure pour les ados de vraiment de pointer dessus le doigt parce que ça aussi dans les couples… enfin il y a aussi à l’intérieur du couple une sexualité un peu tabou et on se dit : « Mais si je demande ça, peut-être qu’il va mal le prendre ou… une honte qui se met » et même dans le couple, ce n’est pas toujours évident de…

Damien MASCRET : Ben c’est vrai et même parfois c’est plus dur hein avec son couple parce qu’on peut avoir parfois peur d’être jugé. « Qu’est-ce qu’il va penser si je lui dis ça ou si je propose ça ou si je fais ça ». Donc, on n’ose pas, on s’autocensure. Alors qu’encore une fois en matière de sexualité, on n’est pas dans le jugement. On propose à l’autre, hein, on se met à nu et c’est vrai qu’on prend des risques, il faut prendre des risques. Proposer quelque chose à l’autre, c’est prendre le risque de ben voilà je lui montre vraiment ma partie la plus intime. Se mettre tout nu c’est facile, mais par contre mettre ses pensées à nu, ses envies à nu, c’est un peu plus difficile.

Donc à partir du moment où l’autre n’est pas dans le jugement et va apprécier effectivement, que vous l’ayez offert ça, il sera d’accord ou il ne sera pas d’accord, mais en tout cas vous lui avez offert quelque chose d’important, c’est que vous avez accepté de vous exposer. C’est un petit peu la lionne qui tend le cou au lion et qui pourra le mordre et le déchiqueter. Alors heureusement, on n’en est pas là. Mais en tout cas, vous lui offrez ce que vous avez de plus beau, c’est votre authenticité.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. Pour faire le lien entre le couple et la famille, si le couple est épanoui, la famille ira mieux et on sera même… enfin si on est authentique l’un envers l’autre, on pourra aussi plus aider ses enfants après, de parler de sexualité. Autant pour le couple que pour la famille, pour les enfants, je pense que tout est plus harmonieux après.

Damien MASCRET : C’est vrai que parfois les gens culpabilisent s’ils ne sont pas avec leur enfant, avec leur famille, eh bien non s’ils sont heureux, ils apportent quelque chose à leur famille, donc avoir ses espaces pour eux-mêmes ou en couple en dehors des enfants par exemple, eh bien c’est important parce que l’enfant ensuite les voit heureux. Donc, c’est beaucoup plus important, presque, que d’être présent et frustré, il vaut mieux parfois savoir s’absenter un petit peu. Puis l’absence, de toute façon, nourrit le désir et l’épanouissement, donc c’est important d’être absent parfois.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : On prend beaucoup de plaisirs pour le tout.

Damien MASCRET : Eh oui.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Bon en tout cas, merci beaucoup Damien.

Damien MASCRET : Merci !

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Je mettrai tous les livres que tu as écrits sur la vidéo et puis tous les liens qui te correspondent, comme ça tous ceux qui sont intéressés par la sexualité dans leur couple, ben ils pourront aller jeter un œil et puis voir tout ça. Merci de me suivre sur ma chaîne Youtube et sur mon blog surtout. Likez et partagez la vidéo pour qu’il y ait le maximum de couples et de familles épanouis. Et voilà, ben merci beaucoup.

Damien MASCRET : Merci à toi.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Au revoir tout le monde ! Merci !

Damien MASCRET : Au revoir !

Les personnes qui ont regardé cette interview on également regardé : Les 4 clés pour communiquer efficacement en couple.

Lien de la chaine YouTube de Damien MASCRET : CLIQUEZ ICI 

Liens des livres de Damien MASCRET : 

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Je suis l’heureuse maman de 2 enfants qui me font grandir et évoluer chaque jour. Sur ce blog, je partage mes découvertes et mes expériences à travers les familles et couples que j’accompagne. La Parentalité Bienveillante ainsi que la Communication Non Violente ont changé le quotidien de nombreuses familles et j’espère qu’elles changeront aussi le vôtre.
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