Les peurs de notre enfant : quelles réponses éviter

Notre enfant peut avoir peur du noir, peur des inconnus, peur des serpents, des araignées, d’aller dans tel ou tel endroit : sa peur, est parfaitement compréhensible et l’aide à grandir. A tous les âges, les sources de craintes et d’angoisses sont nombreuses.

Mais parfois, en voulant bien faire nous apportons sans nous en rendre compte des réponses inappropriées face à ces sentiments de peur. Ensemble, nous allons déconstruire nos réactions d’adulte face aux peurs de nos petits, et essayer de voir quelles pourraient être les choses à dire ou à faire en fin d’article.

Il est possible que notre enfant a une ou plusieurs peurs, qui peuvent le freiner ou le bloquer. Qu’une peur arrive et reparte sans raison. En tant que parent, ces peurs vont nous faire réagir de différentes manières. Elles réveillent nos propres peurs passées et peuvent également réveiller des souvenirs d’enfance voir des blessures d’enfance. Voyons les pièges les plus courants à écarter dans cette situation, dans cet article, les peurs de notre enfant : quelles réponses éviter.

  • Se laisser guider par la peur de notre enfant 

C’est une réaction plus que naturelle. Si notre enfant a peur du noir, nous choisissons de lui laisser une veilleuse ou une lumière allumée dans le couloir devant sa chambre. La veilleuse peut-être une solution temporaire pour le réconforter et l’apaiser.

Si notre enfant a peur des dragons ou des animaux imaginaires, nous évitons de lui montrer des films ou des livres sur le sujet.

Si c’est le froid et le noir de notre garage qui l’effraie, nous l’envoyons dans cette pièce le moins possible. Les araignées lui font peur, nous accourons dès qu’il en aperçoit une pour l’écraser et ainsi le rassurer…

En ayant cette réaction, nous obéissons d’une certaine manière, en nous laissant dicter une attitude par la peur de notre enfant. En fait, nous lui disons qu’il a raison d’être effrayé, que les raisons de sa peur sont fondées. Oui, le noir, c’est effrayant, oui tu as raison de ne pas vouloir aller dans le garage, car il y a danger et manque de sécurité, non, tu n’es pas tranquille s’il y a une araignée ou un insecte à proximité.

On entretient l’enfant dans sa peur. Et on évite ainsi l’affrontement avec l’objet de sa peur, on l’aide à ne pas se confronter. On lui dit “Oui, tu vois que tu as raison”. La solution n’est pas d’éviter la source de la phobie, mais d’y confronter notre fils ou notre fille petit à petit, une fois de temps en temps.

  • En faire trop pour que notre enfant n’aie pas peur

Cela part d’une bonne intention et pourtant, c’est un écueil qu’il faudrait éviter :

anticiper la peur, essayer de le sécuriser au maximum, mais au final, on en fait trop. Et en allant dans l’excès pour rassurer, et bien on explique implicitement à notre enfant, que oui, la situation qui l’effraie est bien dangereuse et que sa peur est tout à fait justifiée.

Si mon enfant a peur des araignées et que je lui explique par A plus B qu’il n’y a pas d’araignées dans la pièce, qu’on a fait tout ce qu’il fallait pour les enlever ou qu’on a bien fermé les fenêtres pour ne pas les laisser rentrer, ce que je lui dis en réalité, c’est qu’il est tout à fait possible qu’une autre fois, on oublie de faire ce qu’il faut pour ne pas les laisser entrer. Il est difficile de faire un état des lieux à chaque nouvel endroit où nous allons, que ce soit dans la famille ou en vacances.

Même cas possible si l’on va rendre visite à de la famille qui a un gros chien et que votre enfant en a très peur.

Si nous passons de longues minutes à insister que le chien ne va pas le mordre, que c’est un animal gentil, qu’on peut le caresser en faisant attention, que oulala, il ne doit surtout pas en avoir peur, non seulement cela justifie sa peur, cela peut l’effrayer encore davantage et on lui donne de l’attention sur un sujet où il ne devrait normalement pas y en avoir. Il est possible qu’une autre fois, il est un peu moins peur mais ne le dise pas, pour avoir de nouveau beaucoup d’attention… Soyons vigilants à ça. Nos enfants ont un besoin énorme d’attention, et s’ils voient que leurs peurs leur apportent de l’attention supplémentaire, ils peuvent continuer à nourrir leur peur pour conserver cette attention, de manière inconsciente bien sûr.

La solution : rassurer en une ou deux phrases, puis passer, pour que l’enfant voit qu’on ne porte pas toute notre attention sur sa peur.

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  • Nier la peur de notre enfant

Banaliser l’anxiété d’un enfant ne sert pas non plus, bien au contraire. C’est plutôt contre-productif. Si mon enfant a peur des chiens et que je le force à en caresser un tout en lui expliquant qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur, que les chiens ne mordent pas systématiquement, eh bien il y a de fortes chances que sa peur grandisse car il a été obligé, ce qui n’est pas l’effet escompté dans cette situation.

Un enfant qui a le vertige et qu’on va obliger à marcher sur une corniche parce qu’on nie ses angoisses par rapport au vide aura bien sûr d’autant plus peur du vide et se méfiera des futures situations où il pourrait se trouver. Il n’aura plus vraiment confiance dans ce que je vais lui dire par la suite.

  • Comment faire alors ?

On peut choisir de confronter l’enfant petit à petit à sa peur. Pas en le mettant tout de suite pleinement et entièrement face à son angoisse, mais progressivement, par petites touches, en lui parlant et en l’écoutant. Il faut bien valider sa peur, accepter qu’il craigne une chose ou une telle autre et le lui dire : “Les araignées t’effraient ? C’est vrai que comme elles bougent parfois vite et peuvent disparaître dans un coin, ça peut faire un peu peur”. “Le vide te fait peur ? C’est vrai que ça peut faire peur”. “Ce sont les chiens que tu crains ? C’est vrai que certains chiens sont costauds et que les chiens ont parfois de grosses dents…”

On la prend en considération et on continue à vivre normalement, en passant sur les choses. On dédramatise, sans pour autant insister trop pour rassurer.

“Le chien est gros oui, mais regarde il est attaché” “Tu as peur de tomber dans le vide, mais il y a une rampe juste là pour te tenir” “L’eau peut faire peur, mais pour que tu flottes à la surface sans couler, je t’ai mis deux brassards et en plus je reste juste à côté dans l’eau, juste au cas où”… 

Une fois qu’on a montré à notre enfant que l’on comprend qu’il a peur, qu’on sait la situation qu’il vit, sans toutefois être trop pressant ni dans le déni, on peut lui expliquer les choses calmement, accueillir son sentiment, puis finalement se focaliser sur autre chose.

Comme je vous le disais également en début d’article, la veilleuse pour la nuit peut-être une solution temporaire pour réconforter et apaiser votre enfant. Pour que sa peur du noir disparaisse, votre enfant devra s’y confronter avec vous par petites touches pour s’approprier l’obscurité et ses bruits qui sont souvent déformés et plus angoissants.

Vous pouvez par exemple, de temps en temps en journée, jouer à cache-cache en baissant les volets pour donner de l’obscurité à la pièce. Faire des petits parcours avec des tapis de gym, des chaises, le canapé. Passer sous les chaises, sauter sur le tapis puis marcher à 4 pattes sur le canapé, encore une fois dans l’obscurité…..   Vous pouvez aussi, le soir, l’emmener pour se brosser les dents dans la salle de bain. Vous lui donnez la main et vous éteignez quelques lumières. Marchez ensemble tout en silence, à pas de loup et demandez-lui d’écouter le silence de la maison pendant cette petite marche. Grossissez votre démarche pour rendre cela rigolo.

Mettez-le en contact avec l’obscurité par le jeu. Prenez plaisir et surtout jouez, rigolez. Le rire dédramatise et permet d’affronter et d’apprivoiser de nombreuses peurs.

Laissez venir votre créativité et prenez-y plaisir.

Partagez vos expériences et vos réussites en commentaires. 🙂

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Les parents qui ont lu cet article, ont lu également : “Comment faire lorsque mon enfant fait une colère.”

Patricia, votre accompagnante parentale

 

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Je suis l’heureuse maman de 2 enfants qui me font grandir et évoluer chaque jour. Sur ce blog, je partage mes découvertes et mes expériences à travers les familles et couples que j’accompagne. La Parentalité Bienveillante ainsi que la Communication Non Violente ont changé le quotidien de nombreuses familles et j’espère qu’elles changeront aussi le vôtre.
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