L’importance de l’estime de soi et de la confiance en soi

Une très belle interview en format Podcast de Josiane De Saint Paul sur l’importance de l’estime de soi et de la confiance en soi pour nos enfants, notre famille et notre couple.

Cliquez sur “Play” pour l’écouter !

Transcription améliorée : 

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Bonjour à tous et bienvenue ! Je suis Patricia Marie-Angélique. Et j’ai l’immense joie aujourd’hui d’être avec Madame Josiane de Saint Paul. Bonjour Josiane. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Bonjour.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Nous allons vous parler aujourd’hui d’estime de soi et de confiance en soi. Josiane vous êtes psychothérapeute, vous êtes aussi co-fondatrice de l’Institut Français de Programmation Neurolinguistique.

Josiane DE SAINT PAUL : Absolument.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : [rire] Et vous avez écrit aussi entre autre les livres : « Estime de soi, confiance en soi » ; « Choisir sa vie » et « Derrière la magie ». [rire] Je voulais commencer cette interview par vous demander qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à l’estime de soi ?

Josiane DE SAINT PAUL : En tant que psychothérapeute, j’ai rencontré Virginia Satir qui est une personne très connue dans le milieu psychothérapeutique. Elle attachait une importance particulièrement forte à l’estime de soi, c’était son cheval de bataille. Je l’ai connue à une époque où je n’enseignais pas encore la PNL. Mais j’étais déjà en train d’enseigner l’analyse transactionnelle et elle était venue en France, donc j’ai travaillé avec elle à ce moment-là. Et puis plus tard, j’ai retravaillé avec elle, quand j’ai fait de la PNL.  J’étais allée me former avec elle pendant un mois dans le Colorado, et voilà. Elle mettait vraiment l’accent sur ce plan là. Elle disait : on peut dire que ce qui empêche les gens de vivre une bonne vie et de réussir ce qu’ils ont envie de réussir dans la vie, c’est le manque d’estime de soi et de confiance en soi.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. Et comment définissez-vous l’estime de soi et la confiance en soi ?

Josiane DE SAINT PAUL : Alors l’estime de soi, c’est un jugement de valeur à propos de soi-même.

C’est-à-dire est-ce que j’estime que je suis une personne estimable ?

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui [rire].

Josiane DE SAINT PAUL : Voilà. Est-ce que j’ai de la valeur en tant que personne ? C’est quelque chose que je pense, alors que la confiance en soi j’imagine que vous voulez faire le…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Voilà, oui. La différencier.

Josiane DE SAINT PAUL : La confiance en soi, c’est quelque chose que je ressens. Je ressens cette sensation qui est une sensation agréable, agréable de pouvoir avoir confiance en soi. Et j’ai confiance en moi à propos du fait que je pense que je peux me débrouiller dans la vie. C’est-à-dire d’une façon assez générale, je me suis rendu compte que finalement dans les circonstances de la vie, je fais face. Je sais gérer même si ça ne va pas bien à un moment, je n’en fais pas toute une histoire et puis je rebondis. Donc voilà, avoir confiance en soi, c’est un sentiment ; et l’estime de soi, c’est un jugement de valeur.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : D’accord. [rire] Merci pour toutes ces précisions. Et quels sont les fondements principaux de l’estime de soi et de la confiance en soi ?

Josiane DE SAINT PAUL : Alors, les fondements principaux. Eh bien dans un premier temps, il va falloir s’estimer en tant que personne. Donc reconnaître sa valeur et son importance en tant que personne. Ça, c’est le secret. Le premier fondement qu’on a appelé dans un séminaire que nous faisons, qui s’appelle « Gagner en assurance et en efficacité ». On a appelé ça « s’accepter à tous les niveaux ».

Donc le premier niveau c’est de reconnaitre sa valeur et son importance en tant qu’être humain. C’est-à-dire qu’on ne remet pas en cause, en général c’est très rare, la valeur d’un bébé qui n’a absolument rien fait. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il a de valeur en tant qu’être, puisqu’il n’a pas encore fait de grande chose, mais il est très important et il a beaucoup de valeur. Donc, pourquoi est-ce qu’on perdrait ça ? Ça ne peut être qu’un détour de l’esprit autrement. La logique, c’est de dire « en tant qu’être humain tout comme le bébé, j’ai gardé cette valeur et cette importance », donc c’est une première chose.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Il faut s’en persuader, il y a des moyens aussi d’y réfléchir et de se rendre compte que finalement oui je suis un être humain qui a de la valeur. Ça c’est le premier niveau.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : [diaphonie] D’accord.

Josiane DE SAINT PAUL : Alors le deuxième, c’est acquérir des capacités pour se faire confiance. En principe, ça ne devrait pas entamer notre estime de soi puisqu’elle est attachée à qui nous sommes. Alors que la confiance en soi, c’est un sentiment à propos de ce que nous faisons. Donc, ça ne devrait pas jouer, mais en fait forcément ça joue un peu parce que si on rate tout c’est assez [rires] difficile de garder une très bonne estime de soi. Et il faut acquérir des capacités qui sont utiles, nécessaires pour se faire confiance.

Alors voilà, parmi ces capacités on peut être capable par exemple de se rendre compte que ce qu’on vit d’une façon générale, c’est le moment présent. Autrement, on est dans le passé, et si on réfléchit à demain, on est dans le futur. Donc le seul moment présent, c’est la seconde même où je suis en train de faire quelque chose, de dire quelque chose, voilà. Donc, si je ne m’en rends pas compte à ce moment-là, je rate beaucoup de chose y compris toutes les informations qui m’arrivent et qui sont nécessaires pour pouvoir prendre par exemple les bonnes décisions pour agir etc. outre le plaisir de vivre ce moment. on peut avoir du plaisir parfois à penser au passé et au futur aussi…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : … ce n’est pas gênant, au contraire.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Et pour vous en fait, le fait d’être dans l’instant présent, ça permet d’améliorer et d’être mieux par rapport à son estime de soi et sa confiance.

Josiane DE SAINT PAUL : Oui, les conséquences essentielles, à mon avis, pour l’estime de soi. Pour pouvoir se débrouiller dans l’existence, il faut se baser sur les bons critères. Avoir la capacité de décider de ce qui est le mieux. Mais si je n’entends pas, si je ne regarde pas, si je ne prends pas les informations qui me viennent et qui sont à ma portée-là dans le moment présent. Alors je vais rater tout un tas de choses et du coup je n’aurais pas les outils pour pouvoir prendre des bonnes décisions. Donc ça, c’est un point qui est un point essentiel dans le vivre éveillé, vivre le moment présent.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : La deuxième chose à propos des capacités. Une autre capacité qui est nécessaire, c’est d’assumer sa responsabilité. Alors souvent, l’inconvénient, on le voit bien avec les adolescents, ils ont envie de liberté, mais responsabilité, ça leur plaît moins. Mais  en fait, qui dit libre dit responsable. Parce que si je suis libre, je choisis, et qui choisit ? Ben c’est moi, donc je suis responsable de mes choix. Donc ça, c’est très important de comprendre que nous sommes responsables de nos choix. Beaucoup de gens n’ont pas envie, ils veulent dire que ce sont les autres qui sont responsables. Mais, je crois qu’il faut vraiment assumer ses responsabilités. Et sa responsabilité devant l’existence que je mène, même si je ne prétends absolument pas qu’il n’y a pas aussi des responsabilités partagées ou des circonstances qui ne dépendent pas de moi. Mais en tout cas, mes choix dépendent de moi. Quelque fois pour enfoncer le clou, je donne un exemple extrême, je dis par exemple, supposons que vous êtes dans le métro à une heure tardive, il n’y a personne et tout d’un coup il y a quelqu’un avec une mine très particulière qui s’approche de vous et qui vous demande des sous avec un couteau à la main. Eh bien vous avez le choix.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui.

Josiane DE SAINT PAUL : Vous avez le choix. Maintenant, sauf si vous êtes extrêmement suicidaire et que vous estimez que cette personne vous rend un service en vous enfonçant un couteau dans le ventre, c’est un choix idiot, donc le bon choix …

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : …c’est de lui donner les sous.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Lui donner, oui.

Josiane DE SAINT PAUL : Voilà. Mais c’est un choix quand même, même si ça paraît diabolique, je n’avais pas le choix.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Très diabolique, oui.

Josiane DE SAINT PAUL : Mais si vous l’aviez, mais bon vous avez fait le meilleur, voilà.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : [rire] Oui, j’ai fait le meilleur.

Josiane DE SAINT PAUL : Donc, il y a des bons choix et des mauvais choix.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui.

Josiane DE SAINT PAUL : C’est un choix quoi qu’il arrive. Donc on choisit toujours, même si on n’a pas envie de faire les choses.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. [rire] Mais c’est vrai que le mot responsabilité souvent fait peur parce que du coup c’est… enfin quand on fait les choses bien, ça ce n’est pas dérangeant…

Josiane DE SAINT PAUL : Bah oui, on est content.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Voilà. On dit qu’on est responsable et autonome etc…  même souvent chez les jeunes. Et dès qu’on fait moins bien, c’est là que ça se corse un peu et du coup, on n’a plus envie.

Josiane DE SAINT PAUL : Ce n’est pas moi, ce n’est pas moi…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Et là du coup je n’avais pas le choix, [rire] cela revient vite à ce moment-là.

Josiane DE SAINT PAUL : Les enfants, petits, bon on peut comprendre,  j’ai un de mes petits fils, il avait deux ans, on était avec sa maman et il attrape un œuf, il le jette par terre et il dit : « ce n’est pas moi »

Patricia MARIE-ANGELIQUE : [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Les adultes parfois font des choses qui ressemblent pas mal à ça.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : [rire] Oui. C’est flagrant mais ce n’est pas moi.

Josiane DE SAINT PAUL:  Oui, c’est flagrant mais ce n’est pas moi. Voilà. Donc assumer sa responsabilité. Qui dit responsable ne dit pas nécessairement coupable. Or, souvent il y a un lien, un responsable coupable [00:09:15] mais pas envie, voilà. Et puis alors le troisième, c’est savoir s’affirmer, c’est-à-dire savoir par exemple dire non, si je pense non. Et ça, ce n’est pas facile toujours de s’affirmer parce que quelque fois ça va à l’encontre des préconisations dans la famille, il faut être modeste, ne pas se mettre en avant, être gentil. Et cette histoire de ne pas pouvoir, c’est aussi et souvent on dit, je ne peux pas, mais ce n’est pas vrai, c’est je ne veux pas.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui.

Josiane DE SAINT PAUL : Maintenant, je ne vais pas jusqu’à dire aux gens, dites « je ne veux pas » parce que c’est tellement ancré dans le modèle social qu’il vaut mieux trouver une autre façon de dire les choses, j’ai déjà prévu tel… ou pas forcément dire quoi d’ailleurs, mais ce n’est pas possible dans mon planning ou je ne sais pas, quelque chose comme ça. Et puis alors le troisième fondement, de grand fondement, c’est vivre en accord avec ses valeurs. Il n’y a rien de pire que d’être obligé ou de se sentir obligé de faire des choses qui ne sont pas en accord avec nos valeurs. Et si on peut vivre en accord avec ses valeurs, alors on se sent bien, on est heureux. Et vraiment, je crois que ça c’est un point essentiel.

Souvent, je le présente métaphoriquement comme nos valeurs c’est quelque chose qu’on mettrait haut, un peu comme l’ensemble, c’est une étoile qu’on appelle la vision. Et puis, c’est comme si cette étoile elle a un halo qui éclaire le chemin et on va vers les choses qui nous paraissent important en restant sous la lumière de l’étoile, voilà. Donc, être conscient qu’on a des valeurs et qu’il faut se débrouiller du mieux qu’on peut pour vivre en accord avec ses valeurs. Sinon on va baisser énormément dans notre estime de nous-mêmes. Parce que c’est tellement important que c’est très difficile de garder l’estime de soi si on ne vit pas du mieux qu’on peut en accord avec ses valeurs.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : [00:11:34] Nos valeurs nous définissent. Elles définissent notre personne, qui l’on est…  c’est tellement important.

Josiane DE SAINT PAUL  : Voilà. [diaphonie] exactement, on va beaucoup se définir en fonction de nos valeurs, c’est très important donc, c’est très proche de qui je suis moi.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Qui je suis oui. Merci pour ces éclaircissements. C’est vrai que l’on confond souvent nos comportements avec notre identité. Je vais donner un exemple pour ceux qui nous écoute. Si par exemple je cuisine un rôti et que trois fois de suite je le brûle, et je vais me dire : « j’ai raté le rôti trois fois, je suis vraiment nulle, je n’y arriverais jamais ». Et le fait de brûler le rôti, on est au niveau des comportements parce qu’on l’a brulé, alors que quand je me dis : « je suis nulle », alors là je suis au niveau de l’identité alors qu’il n’y a pas de rapport. Et c’est vrai que ce langage interne et cette confusion, à la longue, peut réduire l’estime de soi. Comment on peut faire pour ne plus mélanger justement les comportements avec l’identité.

Josiane DE SAINT PAUL : Alors, déjà il faut dire que… puisque vous intéressez aux enfants…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : que malheureusement, c’est quelque chose qui est très largement véhiculée dans la culture, c’est-à-dire que, « fais tes devoirs, tu es tellement paresseux ».

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui, ça oui.

Josiane DE SAINT PAUL : Et la maman qui va voir l’institutrice en disant : « dites lui de se faire des copains, il est tellement timide ». Mais s’il est tellement timide, pourquoi se ferait-il des copains ?

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui, exactement. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Donc, il ne faut pas… Et en tant que parents ou en tant qu’instituteur, il faut faire très attention. Donc voilà, « ce que tu as fait, ça ne va pas », mais pas « tu es ceci ou cela, tu es paresseux ou tu n’y arriveras jamais », des bêtises comme ça. Que malheureusement parfois les parents ou les instituteurs font, voilà. Donc, comment est-ce qu’on peut ? Alors… Et moi ce que je propose, c’est de dire, si on se dit un truc comme ça, « annuler ». Et ça fait sourire souvent.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Ben non, ça ne me rend pas nulle, [rire] je suis toujours importante et voilà, et j’ai de la valeur et je suis [00:13:45] d’amour et de réussir ma vie, et ce n’est pas le rôti qui va m’en empêcher.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Donc à chaque fois, remettre les pendules à l’heure. Et au bout d’un certain nombre de « annuler », avec la prise de conscience que je suis en train de faire un truc, un rapport qui n’a pas lieu d’être, qui n’a pas de sens. Eh ben au bout d’un moment, on se rend compte que ça diminue sérieusement ou qu’on peut même en rire.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui.

Josiane DE SAINT PAUL : [00:14:10] Quelle andouille,

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Non, je ne suis pas une andouille, « annuler ». [rire]

Patricia MARIE-ANGELIQUE :  [rire].

Josiane DE SAINT PAUL : Voilà.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Et c’est vrai que pour en revenir aux enfants. Justement hier j’étais à la boucherie, il y avait une maman avec ses deux petites filles.  La petite a tapé la plus grande, elles avaient 5 et 2 ans je pense. Et la maman a dit à la petite : « tu es méchante, ne tape pas ta sœur ». Et là, c’est pareil, c’est le comportement est mélangé et l’enfant entend « je suis méchante ».

Josiane DE SAINT PAUL : Je suis méchante, ben oui.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Et donc, pourquoi j’arrêterais demain de taper ma sœur.

Josiane DE SAINT PAUL : Bien sûr, puisque je suis méchante, bah oui.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Je suis méchante, donc je peux taper parce que je suis méchante justement.

Josiane DE SAINT PAUL : Je suis méchante, c’est en moi…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Voilà, et c’est en moi. Ma question suivante du coup, c’est comment peuvent  faire les parents justement pour aider leurs enfants à préserver leur estime de soi et l’améliorer aussi en même temps ?

Josiane DE SAINT PAUL : Alors, déjà ça c’est la première chose. C’est arrêter de faire des amalgames entre le comportement, [00:15:13] pas un rapport avec l’amour, la valeur de l’enfant etc. Donc ça, c’est la première chose. Et puis il y a un certain nombre de choses qui sont importantes, c’est puisque vous avez fait de la PNL, l’idée c’est de savoir donner un feedback. C’est-à-dire de dire à l’enfant sur son comportement des choses positives même s’il y a quelque chose qui ne va pas. Donc, on commence par lui dire ce qu’il y a de bien dans ce qu’il a fait. Et ensuite ce qui ne va pas. Éviter les reproches et les critiques qui ne seraient pas compensées par quelque chose qui valorise l’enfant. Et ne pas rater les occasions de dire merci, de dire comme c’est bien, bravo, tu as fait telle chose. Et pas que ça fait de toi un gentil petit garçon, voilà. [00:16:13] Pour que l’enfant se sente… ait confiance, il faut qu’on lui montre ce qu’il a fait de bien hein, ça c’est évident : « ah moi, j’ai remarqué que tu réussis vraiment bien telle chose, mais ce n’est pas la première fois, donc tu fais ça très bien, bravo ».

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Ça valorise vraiment.

Josiane DE SAINT PAUL : Valoriser.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui, vraiment valoriser. C’est vrai qu’en étant pris par le temps, on a en ce moment tendance à voir ce qui n’est pas bien et à faire remarquer ce qui n’est pas bien. Et ce qui est bien, ben ça passe et on ne le valorise pas.

Josiane DE SAINT PAUL : Ça passe comme si c’était…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : c’est un peu normal et puis ça…

Josiane DE SAINT PAUL : Oui, oui bien sûr. Combien de fois la…mais oui.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : et ça ne valorise pas suffisamment les…

Josiane DE SAINT PAUL : Tout à fait.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : les bons côtés

Josiane DE SAINT PAUL : Combien de fois j’ai entendu des patients en thérapie dire : « mon père, ma mère me disait si je dis rien, c’est que ça va ».

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Voilà…

Josiane DE SAINT PAUL : Alors, ça c’est…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Mais quand ça ne va pas, je dis : «  ah bon, tu n’as eu que 9 ? » [rire]

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Pour les couples aussi, qu’est-ce qui pourrait se passer si dans un couple, un partenaire ou les deux manquent beaucoup de confiance en lui et d’estime de soi pour la relation ou pour la vie à deux ?

Josiane DE SAINT PAUL : Alors, la vie à deux n’est pas forcément un long fleuve [rire] tranquille.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Ah oui. [rire] Bien sûr. 

Josiane DE SAINT PAUL : Alors, il faut faire peut-être un diagnostic plus précis de ce qui ne va pas. Et du coup pour voir comment on peut apporter une amélioration. Mais si on a un conjoint qui n’a pas très confiance en lui, je ne suis pas sûre qu’on puisse lui servir de thérapeute. Ce que je crois, c’est qu’on peut faire comme avec les enfants. Enfin sans le prendre pour un enfant hein. Mais je veux dire, en le valorisant et puis en évitant bien sûr les amalgames entre ce qu’il fait et son comportement. Mais moi, je lui conseillerais d’aller voir quelqu’un si vraiment c’est accuser.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. Est-ce que vous pensez que l’estime de soi dans un couple peut faire peut inciter le partenaire qui manque d’estime de soi, à être moins tolérant envers l’autre. Ou peut-être plus sévère, entre guillemets quand il a quelque chose à dire ?

Josiane DE SAINT PAUL : Mais bien entendu. Le problème du manque d’estime de soi, c’est que ça peut se matérialiser de façon très différente. Y compris par une fausse surestimation de soi. AlFred Adler qui a inventé le complexe d’infériorité, disait qu’il n’y a pas de complexe de supériorité. C’est un déguisement du complexe d’infériorité. C’est-à-dire que quelqu’un qui manque d’estime de soi peut éprouver le besoin de se gonfler de son importance parce qu’il a peur. Si moi, je ne mets pas la tête de l’autre sous l’eau, c’est lui qui mettra ma tête sous l’eau, donc voilà. Donc, ça peut se présenter de différentes façons. Maintenant, il y a aussi les gens qui se dévalorisent sans arrêt. Ce n’est pas facile à supporter non plus. Tout dépend du type de relation qu’on a avec la personne. Si la personne est capable d’entendre les choses, on peut le dire avec beaucoup d’amour et de gentillesse, et ça peut l’aider à évoluer.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Est-ce que vous pensez que l’estime de soi du coup ça pourrait être comme un passeport pour apprendre déjà à mieux se connaitre soi-même…

Josiane DE SAINT PAUL : Pour appendre à mieux se connaitre. Alors, tout ce qu’on fait dans cet ordre d’idée-là. Tout séminaire sur le développement personnel permet de mieux se connaître. Donc pas seulement l’estime de soi, l’estime de soi oui, bien sûr mais pas seulement. Je crois que si on a l’intérêt de mieux se connaître, alors tout peut-être utile. Donc tout séminaire, toute lecture et même tout développement de la partie de nous qui observe ce qui se passe. Et ce qu’il y a, c’est que quand on observe quelque chose, si on s’en sert pour se dévaloriser, là ça n’a pas d’intérêt. Mais si on s’en sert pour dire : « ah, comme c’est intéressant », voilà je fais plutôt cette chose-là, ça veut dire quoi ? Ça m’apporte quoi ? En se basant sur l’idée que tout ce que nous faisons a nécessairement un objet. On appelle ça « l’intention positive » au PNL. C’est-à-dire que si je le fais, c’est que ça a une utilité quelconque. La partie de moi qui me fait ça, ben bizarrement peut-être ça paraît curieux parfois mais elle a peut-être une bonne intention pour moi, c’est laquelle ? Donc, on peut se poser soi-même beaucoup de questions et avancer. Maintenant, je pense vraiment qu’au départ un peu de travaille avec quelqu’un, ça aide beaucoup. Parce qu’on ne naît pas avec cette capacité à réfléchir sur soi-même, sauf peut-être cas très rare justement.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui. C’est vrai que ce n’est pas un cheminement  qu’on est habitué à faire. Et ce n’est pas non plus dans l’éducation qu’on a à nous d’apprendre à se poser et à se poser les questions sur nous, qu’est-ce qui va ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Même quand je fais quelque chose qui ne me convient pas tant que ça et justement l’intention positive qu’il y a derrière, qu’est-ce qu’elle est et puis qu’est-ce que je vois dedans ? Et, qu’est-ce que je veux bien travailler avec ? [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Oui, donc je pense que tout est intéressant, tout ce qui peut nous permettre d’avancer, d’avoir une meilleure relation avec les autres, une meilleure relation bien sûr avec soi-même. Si on n’a plus d’estime de soi, plus de confiance en soi, c’est très porteur aussi parce que ça permet beaucoup de chose. Le manque de confiance en soi est très pénalisant. Parce qu’il y a des tas de choses qu’on n’osera pas faire ou on avait envie de faire, donc ça va nous empêcher de vivre une vie pleine. A force de ne pas s’affirmer, on finit par en vouloir à la personne avec qui on ne s’affirme pas et par gâcher la relation. Donc en fait, ce qu’on voulait au départ se retourne contre nous, on veut être gentil, mais en réalité on finit par…on prête de l’argent à quelqu’un, on n’ose pas lui demander qu’il le rende, et au bout d’un moment, on en va jusque-là…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Et voilà. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : … lui dire, « oui, j’ai remarqué que nanana. [rire]

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Parce qu’en fait on n’aime pas demander [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Alors, franchement quand même…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Du coup c’est clair, on va être désagréable. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : « tu exagères ».

Patricia MARIE-ANGELIQUE : [rire] On va être désagréable que c’est la demande pour nous qui était difficile.

Josiane DE SAINT PAUL : Voilà.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Et en fait, on devient désagréable parce que [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : .Voilà. Parce qu’on ne sait pas demander.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Voilà, on ne sait pas demander. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Alors qu’on peut le faire tout à fait gentiment.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Voilà. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Voilà.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Et du coup, tout ça permet d’être plus heureux en fait, c’est ça.

Josiane DE SAINT PAUL : Voilà je crois que là on en est beaucoup à la psychologie du bonheur…

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Voilà. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : …je crois que c’est L’Express qui a titré là-dessus cette semaine.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Bon en tout cas, merci beaucoup pour cette interview, merci beaucoup et je mettrais les liens des livres dont j’ai parlé en début d’interview pour ceux qui sont intéressés et puis le site…

 Josiane DE SAINT PAUL : J’en ai écrit un autre aussi un autre avec Christiane Larabi.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui, avec tous les exercices qu’il y a à pratiquer…

Josiane DE SAINT PAUL : Voilà, c’est ça.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : oui, les 50 exercices d’estime de soi, et je mettrais aussi le lien, parce que les exercices sont vraiment super. J’en pratiquais beaucoup et ils sont juste super.

Josiane DE SAINT PAUL : Oui, ils sont super, oui.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Ils sont vraiment très bien.

Josiane DE SAINT PAUL : Elle en écrit un aussi sur l’estime de soi des jeunes.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Oui, voilà. Oui. [rire] Ben je mettrais tous ces liens-là aussi pour ceux qui sont intéressés pour les livres et puis le lien de votre institut où vous faites le stage.

Josiane DE SAINT PAUL : Estime de soi, confiance en soi.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Voilà, estime de soi, confiance en soi. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Voilà.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Ben merci beaucoup. [rire]

Josiane DE SAINT PAUL : Merci à vous, c’était un moment agréable.

Patricia MARIE-ANGELIQUE : Merci.

Les personnes qui ont écouté cette interview ont également regardé : Comment dépasser les conflits avec son adolescent !

4 comments
6 likes
Article précédent : Adolescence, insolence et provocation : comment réagir ?Article suivant : Comment faire avec un enfant qui boude ?

Articles similaires

Commentaires

  • cimetiere

    octobre 28, 2018 at 21 h 53 min
    Répondre

    Un magnifique interview, j'ai fait le stage adulte, et ma fille a fait le stage d'ado. Nous avons adoré.

    • Patricia Marie-Angelique
      to cimetiere

      novembre 10, 2018 at 10 h 43 min
      Répondre

      Avec plaisir Cimetiere, ce stage est rempli de clés pour les adultes et les ados. C'est super, que votre fille est également appréciée.

  • Christian

    octobre 22, 2018 at 12 h 26 min
    Répondre

    Merci Patricia pour ce bel interview de Josiane De Saint Paul, que j'ai eu l'occasion de rencontrer à l'Institut Français de Programmation Neuro Linguistique (IFPNL) lors d'un stage. Une très belle personne :)

    • Patricia Marie-Angelique
      to Christian

      novembre 10, 2018 at 10 h 46 min
      Répondre

      Merci Christian pour ce retour. Josiane est une très belle personne, effectivement. J'ai eu grand plaisir à travailler avec elle. J'espère que votre stage vous a beaucoup apporté.

Laissez moi un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Qui suis-je ?
Patricia

Bienvenue sur ce Blog .
Je suis l’heureuse maman de 2 enfants qui me font grandir et évoluer chaque jour. Sur ce blog, je partage mes découvertes et mes expériences à travers les familles et couples que j’accompagne. La Parentalité Bienveillante ainsi que la Communication Non Violente ont changé le quotidien de nombreuses familles et j’espère qu’elles changeront aussi le vôtre.
Patricia.
En savoir plus

Et retrouvez moi sur ma chaine You-tube

Derniers articles
Derniers commentaires
Articles les plus likés